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Documents et illustrations  
La Maison de Nanterre
(communication de Catherine Lamonthézie)
 

 
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De nombreux limousins ont fini leur vie dans cet établissement sans nom qui existe toujours,
désigné dans les actes par sa seule adresse (route de St-Denis, 75, à sa création, puis avenue de la République, 75, fin 1890).

Entre 1887 et 1907, ces sont 401 Limousins qui sont décédés à la Maison de Nanterre : 
-  90 originaires de la Corrèze (31 femmes, 59 hommes) 
- 195 originaires de la Creuse (34 femmes, 161 hommes) 
- 116 originaires de la Haute-Vienne (27 femmes, 89 hommes).

Certains d'entre vous pourront être intéressés par ce qui suit, extrait d'une collection par ailleurs très bien faite et fort intéressante ("Le patrimoine des communes ...", qui existe pour de nombreux départements) :

"Le Patrimoine des Communes des Hauts-de-Seine"
(Edions Flohic1994) :

MAISON DE NANTERRE
1873-1886. Architecte : A. Hermant

Centre d'accueil et de soins hospitaliers, 403 avenue de la République.
La maison départementale de Nanterre est envisagée à partir de 1834, à la suite de délibérations
du conseil général, afin de remplacer la maison d'arrêt de Saint-Denis jugée trop vétuste.
À la suite de nombreuses polémiques relatives à son emplacement,
on décide finalement d'édifier les bâtiments à l'extrémité du Petit-Nanterre, à la limite de la ville.
La construction des bâtiments commence en 1873 et s'achève en 1886.
La prison referme ses portes le 7 juin 1887 sur 400 détenus de droit commun,
inculpés de vagabondage et de mendicité.
Dès septembre 1887, l'institution est autorisée à recevoir les mendiants libérés, les individus
prévenus de vagabondage et de mendicité, les indigents infirmes ou peu valides,
et les individus qui sollicitent leur admission.

MAISON DE NANTERRE
1873-1886. Architecte : A. Hermant.
Centre d'accueil et de soins hospitaliers
INFIRMERIE
1873-1886
Maison de Nanterre
Hôpital Max-Fourestier

À l'époque, les bâtiments sont divisés en 3 secteurs organisés autour d'une cour centrale,
avec le dépôt réservé aux mendiants, l'hospice, l'hôpital et les 420 cellules.
Quelques internés valides sont employés à l'infirmerie, au dortoir ou au cimetière,
mais la plupart travaillent dans le secteur industriel, notamment à la papeterie des éditions Hachette.
Le caractère répressif et infamant de la maison de Nanterre disparaît peu à peu à partir de la fin du XIXe siècle.
À l'occasion d'une visite du président de la République, Félix Faure, en 1897, on dénombre bien plus de miséreux sans logis et de vieillards sans famille que de délinquants.
La maison départementale se consacre alors à apporter une aide physique et morale
à ceux qui y viennent chercher refuge.
Transformés au fil des années, les bâtiments comprennent aujourd'hui l'hôpital Max-Forestier,
une maison de retraite et deux centres d'hébergement." (p.27)

Tableau complémentaire dans
"Soixante ans avant leur naissance, LES HAUTS-DE-SEINE autrefois"
(Editions Horvath, 1994) :

"Lors de la visite, de Félix FAURE en 1897, le préfet LÉPINE faisait le décompte :
il y avait cette année-là dans l'établissement 500
mendiants récemment condamnés, 1000 mendiants et vagabonds ayant purgé leur peine mais sans abri, 1000 chômeurs et quelques centaines de vieillards : prison de la misère"